Spécial immobilier : en Île-de-France, le marché s’emballe

Prix, volumes, hausses à deux chiffres dopent certaines villes franciliennes de la petite couronne qui profitent du Grand Paris.

Comme c’est souvent le cas, la flambée des prix immobiliers parisiens gagne toute l’Île-de-France. « Cette progression se diffuse par cercles concentriques vers la première puis la seconde couronne », résume une récente étude du site MeilleursAgents.com. Dans la petite couronne, qui rassemble les trois départements limitrophes de la capitale (92, 93, 94), le boom du volume des transactions des appartements anciens est significatif, qualifié même d’« historique » par la chambre des notaires de Paris/Île-de-France : + 23 % sur un an ! Ce regain d’achats a dopé le prix de la pierre. En un an, toujours selon les dernières statistiques des notaires, les valeurs s’arrogent + 4,1 %, à 4 440 euros/m2 en moyenne. Cette hausse varie toutefois selon les départements : la valorisation des Hauts-de-Seine atteint + 4,4 % (5 430 euros/m2), elle s’établit à + 3,7 % dans le Val-de-Marne (4 270 euros/m2) et à + 3,3 % en Seine-Saint-Denis (3 240 euros/m2). Mais, sur la base des avant-contrats signés cet été, les notaires prévoient pour ce mois d’octobre un « relâchement des prix » des appartements anciens en petite couronne. Affaire à suivre.Les villes les plus concernées par la hausse se situent aux portes de Paris. À l’est et au sud, on constate des augmentations à deux chiffres. C’est notamment le cas à Saint-Denis (+ 13,4 %) et à Montreuil (+ 10,5 %), dans la Seine-Saint-Denis, ainsi qu’à Choisy-le-Roi (+ 12,7 %) et à Villejuif (+ 11,8 %), dans le Val-de-Marne. On relève aussi des variations notables dans ce même département à Charenton-le-Pont (+ 9,7 %) et à Vincennes (+ 6,9 %). « En raison des taux d’intérêt encore bas, nous voyons beaucoup de locataires parisiens des 11e, 12e et 15e arrondissements qui passent le périphérique et achètent leur première résidence principale à Montreuil. Lorsqu’on quitte Paris, on peut gagner 30 à 40 % de surface pour un budget équivalent à celui de la capitale », remarque Larbi Belaychi, de l’agence locale Guy Hoquet. Le « bas Montreuil » continue d’être le secteur le plus cher et le plus prisé, avec un mètre carré qui se négocie désormais entre 6 000 et 7 000 euros. En revanche, du côté de la mairie de Montreuil, les valeurs sont moindres, naviguant entre 5 000 et 6 000 euros/m2. Même dynamisme à Romainville (93), qui gagne en attractivité. En 2022, cette commune bénéficiera de l’arrivée de la ligne 11, qui la reliera à Paris. « Inexistants il y a encore six ans, les programmes neufs dans le quartier du futur métro se multiplient. Dans l’ancien, les prix sont en progression et se négocient autour de 5 000 euros/m2 », souligne Anne Desgranges, de l’agence Alexan Immobilier, à Romainville. « Le budget maison des acheteurs, des Romainvillois et des Parisiens venus des 19e et 20e arrondissements, s’est apprécié. Inférieure à 300 000 euros il y a huit ans, l’enveloppe avoisine maintenant 500 000 euros », poursuit-elle.

« La petite couronne ouest de Paris est également bien portante et affiche des progressions de prix plus uniformes que dans l’Est parisien », relève Thierry Delesalle, notaire à Paris. Notamment les Hauts-de-Seine avec les villes de Boulogne-Billancourt (+ 8,6 %), Neuilly-sur-Seine (+ 7,6 %) et Courbevoie (+ 5,5 %). À Issy-les-Moulineaux, l’activité immobilière est dynamique et ne faiblit pas en cette rentrée. « On a pris 5 % de hausse depuis le début de cette année. Les habitations mises en vente, à la fois bien situées et en bon état, partent vite et au prix affiché. Certaines trouvent même preneur au-dessus de nos estimations », reconnaît Philippe Lachenal, agent immobilier à Issy-les-Moulineaux. Cette commune constitue depuis des années un marché de report pour les Parisiens en quête de plus de surface et soucieux d’habiter près d’une station de métro. « Outre la traditionnelle clientèle du 15e arrondissement qui fait partie de nos clients réguliers, nous voyons maintenant des personnes venant de secteurs plus centraux des 10e et 11e », relève ce dernier. Même constat à Vanves et Malakoff, situées plus au sud, où les prix se tiennent et où les délais de transaction sont rapides. Du côté de Levallois (92), « bien que les prix soient parfois plus élevés que dans certaines parties du 17e et équivalents à ceux de Neuilly, les ventes sont nombreuses », indique Laetitia de Francqueville, de l’agence Laforêt. Dans cette commune, l’ancien se négocie entre 7 500 euros et 8 500 euros/m2, mais les écarts sont importants. Comptez de 6 800 à 7 000 euros le mètre carré pour un appartement des années 1960 et 1970, avec travaux à la clé, et 9 000 euros pour des biens de standing (dernier étage, parking) proches de la mairie.

Quant au marché des maisons dans ces secteurs qui bordent Paris, il reste en bonne forme avec des progressions un ton au-dessous. Le volume des transactions grimpe de 17 % sur un an, provoquant une appréciation des prix de 1,8 %, à 349 300 euros en moyenne, selon les notaires. La hausse se constate un peu partout autour de Paris : Villeneuve-le-Roi (+ 18,2 %), Gagny (+ 12,2 %), Champigny-sur-Marne (+ 6 %) ou Colombes (+ 2 %). En seconde couronne (91, 95, 77, 78), la majoration des valeurs (+ 2 %) reste modérée. Le prix moyen d’une maison ancienne tourne autour de 275 000 euros avec des disparités importantes selon les départements. C’est dans le 78 que le budget est le plus élevé, avec 360 000 euros en moyenne. Le plus abordable se situe dans le 77, avec 232 400 euros. Le site MeilleursAgents.com précise que les hausses (tous biens confondus) s’élèvent à 1,4 % dans les Yvelines, 1,2 % en Seine-et-Marne, 1,1 % dans le Val-d’Oise et 0,9 % dans l’Essonne. Un ménage « moyen » parvient encore à s’offrir 87 m2 dans les 77 et 91, 71 m2 dans le 95 et 61 m2 dans le 78.

À Versailles, commune cotée, le manque de maisons est constant face à une demande régulière qui ne faiblit pas. « Dès qu’on en rentre une dans notre portefeuille, on est quasiment sûr qu’elle part en une semaine, voire moins », affirme Jean-François Baillot, agent immobilier à Porchefontaine. Dans cet ancien quartier ouvrier, il faut débourser autour de 750 000 euros pour une maison de 3 ou 4 chambres. Le seuil du million d’euros est dépassé si l’on cible un bien équivalent dans le quartier chic et cher de Saint-Antoine.

source: http://www.lepoint.fr/dossiers/immobilier/special-immobilier/special-immobilier-en-ile-de-france-le-marche-s-emballe-16-10-2017-2164978_452.php

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